Interview : L’art du pochoir à travers le regard de Nasti

9 août, 2017

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A mi chemin entre les pochoirs de C215 et les peinture d’Hopare, le style de Nasti nous semble familier tout en nous surprenant. L’expressivité et la sensibilité des traits de ses pochoirs nous entrainent dans une valse sociale plurethnique émouvante.

Nasti street art

Nasti dans son atelier, 2016, Bordeaux

nasti graffiti

Oeuvre sur toile, 116 x 85 cm, Akiza Galerie, 2016


Peu de pochoiristes ont autant de finesse et de délicatesse dans leur style. Du haut de ses 21 ans cet artiste à l’aube de sa carrière risque de laisser de belles marques dans le panorama de l’art urbain.

nasti urban art

Bordeaux, 2016

nasti art contemporain urbain

Œil ouvert, Bordeaux, 2016


De la restauration au pochoir…


STRIP ART : Tu es né à Bordeaux. Aujourd’hui où vis-tu et où exerces-tu ton art ?

NASTI : Je vis toujours à Bordeaux, et j’ai la chance de pouvoir m’exprimer pleinement dans mon atelier. En espérant pouvoir découvrir d’autre façon de travailler.

STRIP ART : Actif depuis combien de temps ?

NASTI : Je dessine depuis que je suis petit, mais j’ai commencé à me plonger dans le milieu de l’art en septembre 2016. Lors de mon emménagement en ville.

Work in progress, dans l’atelier de Nasti, 2016

Nasti & BUST the DRIP, SMILE NOW CRY LATER, Rue Beyssac, Bordeaux, 2015


STRIP ART : As-tu suivi une formation artistique ?

NASTI : Je suis issu de la restauration.

« J’ai passé un Bac professionnel en cuisine, suivi d’une formation de pâtissier. Je n’ai donc jamais fait de formation en école d’art, ni même de cours de dessin. »

REFLETS DE L’AME, Encre, aquarelle et bombe sur toile, 80x65cm,

Londres, 2017


Je me souviens simplement de quelques livres que ma mère m’avait acheté, dans lesquels on pouvait apprendre à dessiner des animaux, des objets…

Planche de skate (appartenant à l’artiste Noty), Bordeaux, 2016

Rue du Loup, Bordeaux, 2016


STRIP ART : Comment as tu commencé le street art ?

NASTI : J’ai commencé l’art de rue lorsque j’ai découvert le film Faites le mur ! [Banksy – 2010, Ndlr].

Je suis désolée… D’après une photo de Lee Jeffries, Performance au Palais des Congrès, Paris, 2017

La mort tenue entre deux doigts, Bordeaux, 2016


Une identité artistique spontanée


STRIP ART : Pourquoi avoir choisi la technique du pochoir ?

NASTI : Je n’ai pas vraiment choisi de faire du pochoir. Cette technique c’est imposée à moi. J’étais curieux de la découvrir et de comprendre son mode de fonctionnement.

J’essaie peu à peu de m’en détacher ou de l’utiliser différemment..

Basquiat, Place de la victoire, Bordeaux, 2015

Exposition B-612 « Comme as you art », Avenue Thiers, Bordeaux, 2017


STRIP ART : Pourquoi Nasti ?

NASTI : Dans le milieu de l’art de rue, il est quasiment nécessaire de se trouver un blaze, et de préférence qui nous correspond.

Si on traduit le mot anglais nasty, on pourra trouver des adjectifs comme, méchant, mauvais, dégueulasse… Ce n’est pas moi, du moins pas pleinement.

Bombe et Encre sur toile, 60×80 cm

Pasteur King, 2015


« Nasti, c’est avant tout la mauvaise conscience que l’on porte tous au fond de nous. »

« Un regard de plus », Le M.U.R de Bordeaux, 2016

Strasbourg, 2016 ©Christian Barret


Il suffit juste de regarder


STRIP ART : Quels sont tes sujets de prédilections ?

NASTI : Avec le recul que je peux avoir aujourd’hui, je dirais que se sont les enfants et les femmes. Mais je me tourne vers de nouveaux sujets, comme l’anatomie, l’architecture, le nu…

Dans l’atelier de Nasti

Darwin, Océan Climax Festival, 2016


STRIP ART : Quelles ont été tes influences, tes inspirations ?

NASTI : Je pense qu’il est impossible de définir clairement les sources d’inspirations qui me poussent.

Rue du Mulet, Bordeaux, 2016

D’après une photo de Steve McCurry, Saint Michel, Bordeaux, 2017


« Elles sont présentes tout autour de nous, que se soit la couleur d’un mur, un sourire dans la rue, un visage… Il suffit juste de regarder. »

Mine de Sel dans la Province d’Essaouira, Maroc, 2016

Paris, 2017 Photo argentique Louis de Ducla


Exemples et mentors


STRIP ART : Quel rôle joue ou a joué Dan23 dans ton évolution artistique ?

NASTI : J’ai eu la chance de rencontrer Dan au cours de mon petit parcours de vie, c’est d’ailleurs le premier artiste que j’ai rencontré. Je pense qu’il m’a apporté beaucoup de chose, c’est difficile à expliquer…

« L’envie de dessiner encore plus et mieux probablement. »

DAN23 & NASTI, Strasbourg, 2016

Nasti & Dan23, Exposition « Family Reunion », Galerie Open your Eyes, Strasbourg


STRIP ART : Te compare t-on souvent à d’autre artiste/ pochoiriste ? Comme C215 par exemple ? Si oui, comment le vis-tu ?

NASTI : Il m’est arrivé d’être comparé à l’artiste C215 effectivement. Mais ça ne m’a jamais arrêté.

Encre et bombe sur bois, 2016

Bordeaux, 2016


« Je pense que chacun d’entre nous à un moment de nos vie avons besoin d’un exemple. D’un model à suivre pour se forger sa propre identité. »


C’est ce que je me pousse à faire chaque jours, peinture après peinture.

Maroc, 2016

D’après une photo de Steve Mc Curry, Bordeaux, 2016


Nasti dans la ville


STRIP ART : Dans quel coin de Paris pouvons nous avoir la chance de voir tes oeuvres de rues ? Et ailleurs ?

NASTI : La plupart du temps quand je peins dans la rue, c’est de manière spontanée, je marche jusqu’à trouver un endroit qui me correspond. Je ne regarde pas forcement le nom de la rue ou le quartier.

NASTI & BUST the DRIP, Montmartre, Paris, 2016

Bordeaux, 2016


« Le mieux c’est de tomber dessus par hasard. La surprise est bien plus grande. »

J’ai eu la chance de pouvoir peindre, à Paris, Strasbourg, Bordeaux, à Londres et au Maroc. Mais ce n’est pas suffisant…

Test du jour, 2016

Paris, 2016


Copyright photographiques ©Nasti

Le M.U.R de Bordeaux – NASTI :

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– Doriane Coelho –

9 août, 2017

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Catégorie(s) : Street Art / Art Urbain

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