Banksy le roi de la provoc : retour sur ses plus gros scandales

20 septembre, 2017

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Banksy est le pseudonyme de l’un des plus célèbres graffeurs de sa génération. Originaire de Bristol (Angleterre), il arbore à travers ses pochoirs des messages militants et subversifs en utilisant humour et ironie. Entre les rumeurs sur son identité, ses oeuvres polémiques, ses divers happening, vols et détériorations de ses oeuvres, les scandales autour de l’artiste sont nombreux.

Bien que Banksy soit mondialement connu, Strip Art a décidé de donner un petit cours de rattrapage aux amateurs en retard et de rafraichir les mémoires des plus averties.

banksy street art

Le manifestant aux fleurs


Le graffeur masqué


Sans doute l’affaire la plus mystérieuse autour de Banksy concerne son identité. Les théories sont multiplies, mais plusieurs d’entre elles rapprochent l’artiste du groupe Massive Attack. Une analyse faite par un journaliste avait révélé qu’en effet les dates des concerts de Massive Attack coïncidaient aux lieux et dates frappées par les pochoirs de l’artiste.

Mais jusqu’alors cela n’était que des suppositions fondées sur des faits calendaires plus que sur des dires ou photographies.

banksy graffiti

Carte des dates de concerts de Massive Attack , par le journaliste écossais Craig Williams


Mais voila que récemment un nouvel élément semble bel et bien venir appuyer cette théorie. Une gaffe plus précisément. Lors de son émission de radio, Goldie 3D, l’un des membres de Massive Attack, fait le rapprochement entre Banksy et un certain Robert :

« Donnez-moi une bulle, collez-la sur un T-shirt avec Banksy écrit dessus, et voilà. Ça se vendra. Sans vouloir manquer de respect à Robert. Je pense que c’est un artiste brillant, qui a révolutionné le monde de l’art. »

banksy identité

Massive Attack


Par conséquent, Robert pourrait alors bien être Robert Del Naja, également membre du groupe bien que l’artiste ne s’est pour le moment pas prononcé sur le sujet.  Réelle info ou belle intox ? Le mystère reste entier.

Hommage de Banksy à Jean-Michel Basquiat, Londres, 2017


Des oeuvres qui font polémiques


Banksy est un provocateur. Il s’est avant toutes choses, fait connaitre pour ce trait de caractère. On ne compte plus le nombre d’oeuvres subversives qui firent débat.

En 2014, par exemple, la toile s’embrase à la vue d’une oeuvre de Banksy dénonçant la xénophobie. Jugé raciste, l’oeuvre fut recouverte sans même savoir qui en était l’auteur.

Oeuvre murale à Clacton-on-Sea, 2014


C’est sur un mur de la station balnéaire de Clacton-on-Sea que Banksy avait apposé un pochoir représentant un groupe de pigeons tenant des écriteaux contre l’immigration. Ils s’adressaient à une hirondelle qui se trouvait à côté d’eux. 

“Les migrants ne sont pas les bienvenus”, “Retourne en Afrique” et “Laissez-nous nos vers de terre”, pouvait-on lire sur les pancartes des quatre pigeons.

Oeuvre de Clacton-on-Sea effacée, 2014


Après avoir reçu des plaintes accusant ce travail d’être “offensant” et “raciste”, la mairie de la ville procède à son retrait des murs.

L’oeuvre estimée à 400 000 livres fut retirée par des employés de mairie qui ne savaient pas qu’il s’agissait d’une œuvre de Banksy. L’aspect satire politique de l’œuvre leur avait vraisemblablement échappé…


Plus récemment c’est l’oeuvre Civilian Drone Strike qui a fait polémique. Sous des aires de dessin d’enfant, l’artiste soutient le mouvement anti-armes américain. Le but étant que les fruits de la vente de l’oeuvre soient reversés aux campagnes contre le commerce des armes.

Civilian Drone Strike


Ses coups de maitre


Banksy a l’art de berner son public et de se moquer du marché de l’art.

2010 : Son film Faites le mur! en était l’exemple parfait. Croyant tous en découvrir un peu plus sur l’artiste, il s’avère que le documentaire traitait en fait d’un autre artiste, Mr brainwash, emblème d’un art vide de sens.

Mr. Brainwash dans « Faites le mur ! »


Sous couvert d’une gentille farce, Faites le mur ! dénonce les dérives du marché l’art. Mais Mr Brainwash ne pourrait-il pas aussi être l’un des reflets de la personnalité artistique de Banksy ? Le film interroge…

Banksy dans « Faites le mur ! »


En 2013 le pochoiriste rejoue un coup de poker lorsqu’il propose ses oeuvres à 60 dollars sur le bords de la route. Histoire de mener un peu en ridicule un marché spéculatif et pécunier, l’artiste britannique décide d’installer un stand à quelques pas de Central Park dans les rues de New-York. À son bord, un vieux monsieur (le vendeur) et une vingtaine d’œuvres originales (signées de la main de l’artiste), au prix hallucinant de 60 dollars.

Etalage de Banksy à New-York, 2013


Résultat des comptes, pensant que les oeuvres devaient être des reproductions, au vu de la simplicité de l’étalage, seulement 309 euros ont été dépensé en fin de journée pour des oeuvres qui en valait chacune pas moins de 20 000 ! La belle affaire pour les rares acheteurs qui n’ont pas snobé, comme la plupart des passants, les fausses reproductions de Banksy !


Dismaland, le parc d’attraction éphémère de Banksy à ouvert ses portes en 2015. Oui, un parc d’attraction ou plutôt un anti-parc d’attraction ! Au lieu d’un parc plein d’icônes Disney et de couleurs acidulées, Banksy crée un parc désenchanté avec des attractions de l’horreur où règne tristesse et désillusion.

Dismaland, la pire attraction de Grande-Bretagne, 2015


Le destin de Cendrillon s’apparente à celui de Lady Di : son carrosse renversé, les paparazzis motards bombardent la scène de leurs flashs. Ce parc, Banksy l’a voulu à l’image de la société : « décousu, incohérent et narcissique. » Dismaland s’appropriait les sujets de société avec dérision et noirceur. Encore une belle critique de la société illustré par l’art d’une sélection d’artistes.

Dismaland, la pire attraction de Grande-Bretagne, 2015


Et le spectacle ne s’arrête pas là ! Une fois fermé l’artiste annonce que les pièces démontées seront utilisées pour la construction d’abris pour les migrants de calais. Un beau pied de nez au maitre du lobbying et de la consommation qu’est devenu l’empire Disney, en faveur d’une cause plus noble qu’est la survie d’exilés politiques. Une fois encore Banksy a frappé fort.

Dismaland à Calais


L’artiste n’est jamais frileux lorsqu’il s’agit d’énoncer son point de vu politique. Tel a été le cas dans son activisme contre le conflit israelo-palestinien. Pour marqué le coup il réinvente la déco d’un hôtel: le Walled Off Hotel, à Bethléem. Pourquoi précisément celui là ? L’hôtel offrirait selon lui « la pire vue du monde » à ses clients. Les fenêtres donnent en effet sur le mur construit par Israël en Cisjordanie…

Walled Off Hotel, Bethléem, 2017


Des oeuvres volées


Les oeuvres Banksy, aujourd’hui mondialement connues, ont vu leur côte s’envoler à des sommets. La belle affaire pour les opportunistes des rues ! Banksy s’est ainsi fait voler un bon nombre d’oeuvres de rue ces dernières années, par la suite vendu aux enchère à de coquette sommes. Quand on sait que l’oeuvre la plus chère de l’artiste s’élève à 1,8 millions d’euros, on comprend que ça puisse faire tourner la tête de certains.

Keept It Spotless, l’œuvre la plus chère de Banksy réalisée en collaboration avec Damien Hirst


Prenons pour exemple l’affaire de Miami. L’oeuvre Banksy Slave Labor (Bunting Boy). London 2012, nullement créée pour se retrouver sur le marché de l’art, a fait l’objet d’une vente à 500 000$. L’artiste a toujours refusé d’identifier ses oeuvres présentes en maison de vente, dont le lieu d’exposition doit rester la rue selon lui.

Banksy Slave Labor (Bunting Boy). London 2012


Outre les vols, il y a surtout les dangers de la rue que sont les recouvrements. Les toys (recouvrement total ou partiel d’un graff par un autre graff) est une coutume dans la jungle urbaine. Mais récemment une oeuvre de Banksy a été victime d’un revêtement de la part d’un bailleur désireux de propreté. Il s’agit de la réinterprétation de la célèbre toile de Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse que l’artiste avait réalisé en 2015 sur un mur de Calais.

La Méduse, Calais, 2015


L’artiste avait ironiquement utilisé cette iconographie comme signal d’alarme aux migrants franchissant la Manche vers l’Angleterre.  Enfin, bien que l‘oeuvre avait déjà suscité l’émotion des habitants lors de sa création ; son recouvrement n’en provoqua pas moins.

Théodore Géricault, Le radeau de la Méduse


Même si Banksy a beau être l’un des plus admiré de sa génération, il n’en reste pas moins soumis au même règle que n’importe quels street artistes : celles de la rue.

Steve Jobs sur les murs de Calais, 2015 


Il est bel et bien l’artiste aux scandales. Mais est-ce les scandales qui on fait l’artiste ou l’artiste qui fait les scandales ?.  Toujours est-il qu’il pourrait bien être l’un des artistes préférés des anglais…

Et c’ est le cas pour l’une de ses oeuvres, « La Fillette au ballon », arrivée en tête du classement  des vingt meilleures oeuvres d’art britanniques, selon un sondage réalisé auprès de 2 000 personnes.

La Fillette au ballon


À quand un nouveau rebondissement made in Banksy ?

Banksy: roi du street art – Entrée libre

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– Doriane Coelho –

20 septembre, 2017

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Catégorie(s) : Street Art / Art Urbain

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